Du Kirghizstan à la Chine

A l’autre bout du lac Issik Kol se trouve la petite ville de Karakol, point de départ de nombreux treks dans les vallées alentour. L’occasion de tester si les selles de cheval sont plus confortables ! On s’embarque donc pour cinq jours de chevauchée avec notre guide Jockey …ça ne s’invente pas !! Jockey est très réservé et ne connait pas d’autre mot anglais que OK, ça va pas être facile … Nos quittons la plaine sous le soleil et trottons vers la jolie vallée de Karakol, on a même pas mal aux fesses, tout s’annonce bien.

Mais le lendemain, le temps a tourné, et c’est parti pour deux jours de pluie, grêle et orage. Notre guide doit bien se demander ce qui nous motive à continuer, nous aussi d’ailleurs… Heureusement, tout vient à point à qui sait attendre et nous arrivons le troisième soir, trempés comme des soupes, à Altyn Arashan, jolie vallée traversée par une jolie rivière et surtout connue pour ses sources chaudes !! Avec ce temps exécrable on est les seuls touristes, c’est parfait. Nos corps tout froids demandent quelques minutes pour s’habituer à la température de l’eau mais ils finissent par comprendre que c’est plus agréable que la pluie froide et on passe  l’après-midi à se prélasser dans le bain brûlant, c’est le Bonheur.

SOS animaux en détresse

SOS animaux en détresse

Une petite éclaircie quand même

Une petite éclaircie quand même

Sèche-linge

Sèche-linge

Le lendemain, le soleil nous sort des sacs de couchage à 7h du matin. Nous sommes sur le qui-vive, près à démarrer. La balade d’aujourd’hui nous conduit à un lac qui nous apparait au dernier moment. Le paysage est surprenant, on a du mal à distinguer ce qui est l’eau, la montagne et son reflet, c’est splendide. Et il fait toujours beau !!!

A notre retour au campement, quelques touristes sont arrivés, dont les rustines libérées, un couple de cyclistes français ! On passe la soirée à échanger sur nos aventures, et nos problèmes de réchaud… Ils arrivent tout juste de Chine, leurs récits nous font envie !

Dernier jour de notre chevauchée fantastique, une bonne journée nous attend pour redescendre à la ferme d’Almaz. Les chevaux sentent qu’on est sur le chemin du retour et deviennent de plus en plus excités, surtout le mien qui était plutôt mou du genou jusqu’à maintenant… le voilà qui devient capricieux, qui mange à tous les râteliers et quand il s’aperçoit qu’il est en retard, il fonce, il rue et me malmène… je manque de tomber deux fois et finis la journée un peu stressée, on a frôlé l’accident !

Altyn Arashan

Altyn Arashan

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Whaouuuu !

Whaouuuu !

Nomades installés pour l'été

Nomades installés pour l’été

Les rustines libérées

Les rustines libérées

Ces cinq jours de coupure nous ont fait le plus grand bien et même si nos vélos nous demandent un peu plus d’efforts pour les faire avancer, on est content de les retrouver !

Nous quittons le lac Issik Kol pour se diriger vers la vallée de Karkara, où nous passerons la frontière pour la Kazakhstan.

Apres une bonne journée de pédalage, un petit garçon guidant fièrement son cheval nous fait sortir l’appareil photo. Ni une ni deux, son papa nous propose de prendre le thé. On accepte avec plaisir, ce sera un bon moment pour terminer notre passage en pays kirghize. S’ensuit la visite du jardin, de la maison, un petit tour à cheval pour Pierre et finalement nous sommes invites à dormir.

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Allez, on échange !

Allez, on échange !

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Le lendemain, Kayra nous réveille à 5h du matin. La journée démarre tôt car il doit monter à la jailoo (pâturage d’altitude où il laisse ses troupeaux pour l’été) pour tondre les moutons et redescendre les peaux. Apres un bon petit déjeuner, on démarre ensemble sur la route goudronnée qui se transforme très vite en piste caillouteuse… un petit avant-gout pour la Mongolie ! On retrouve le père et son petit garçon plusieurs fois sur le chemin et on arrive ainsi près de la frontière kazakhe. L’endroit est totalement perdu, on se demande bien comment il peut y avoir un poste frontière ici mais c’est bien là, on ne s’est pas trompé. D’ailleurs Dan et Stéphanie, un couple de Hollandais qui voyagent en 4×4, viennent tout juste de traverser et s’arrêtent au bord de la route : chouette, des anglophones ! L’occasion de sortir la nappe de pique-nique, de manger un morceau ensemble et croyez-le ou pas, de déguster une bouteille de Pouilly Fuissé, fraîche s’il vous plait, directement venue de bourgogne par voie terrestre !! Merci pour ce bon moment !

Vallée de Karkara

Vallée de Karkara

C'estle gran confort, merci Dan et Stéphanie !

C’est le grand confort, merci Dan et Stéphanie !

Le poste frontière existe bien, on est tout seul évidemment, ça semble trop simple. La sortie kirghize se fait en quelques secondes et les douaniers kazakhs nous accueillent à bras ouverts! Pour passer le temps en attendant le supérieur parti manger, on ose un petit concert d’ukulélé, les douaniers dégainent leurs smartphones et nous voilà sous les feux de la rampe ! Quelques mètres plus loin, il faut enregistrer notre arrivée et pendant que j’inscris les numéros dans le bureau, Pierre établit le lien social. La scène est plus qu’originale : les douaniers assistent l’un de leurs collègues en train de dépecer un mouton ! Et voilà qu’on nous apporte des fruits, des Kurt (boulettes de fromage séché) et du Koumiz (lait de jument fermenté) ! Et comme l’ambiance est bonne, Pierre sort une petite bouteille de vodka qu’il gardait au fond de ses sacoches ! A la douane, faut le faire quand même … Pour nous remercier, le douanier nous fait un cadeau, une énorme bouteille de vodka kazakhe pour remplacer l’ancienne !

Concert !

Concert !

Et mouton...

Et mouton…

KAZAKHSTAN

Nous sommes en transit pour 4 jours seulement, la frontière chinoise est proche et nous sommes presses d’y arriver. Malgré tout, l’accueil des kazakhes est très chaleureux, on les sent un peu moins bourrus que les kirghizes mais tout aussi bourrés comme en témoigne cette invitation à la vodka au bord de la route…

Nasdrovie !

Nasdrovie !

A Kegen, accueillis chaleureusement par des enfants  kazakhs

A Kegen, accueillis chaleureusement par des enfants kazakhs

Faune kazakhs, ça ressemble à une migalle non ???

Faune kazake, ça ressemble à une migale non ???

In the middle of nowhere

In the middle of nowhere

Il ne nous reste que les tunnels pour se mettre au frais !

Il ne nous reste que les tunnels pour se mettre au frais !

Le seul arbre du Kazakhstan

Le seul arbre du Kazakhstan

T'as pas l'air vraiment sympas toi ...

T’as pas l’air vraiment sympas toi …

Pierre, fuyant la tempête

Pierre, fuyant la tempête

Pour notre dernier jour, nous roulons au milieu de la steppe sous la chaleur écrasante, la zone est désertique et enfin la frontière se dessine.

Côté kazakh, c’est aussi simple qu’à l’arrivée. On refile notre bouteille de vodka à un employé, pour éviter tout problème avec les chinois. Il refuse d’abord, on insiste, il hésite puis il finit par la ranger sous un bureau. On nous a raconté tellement d’anecdotes sur les douanes chinoises qu’on va essayer de se faire discrets.

On sort de ce grand bâtiment délabré et on démarre un grand tour de manège de 5 km sur une route parfaitement goudronnée, encadrée par une double rangée de barbelés, avec des caméras de surveillance tous les dix mètres, ca déconne pas ici. C’est bête parce on le voit bien le poste frontière chinois, juste quelques mètres devant nous…

On arrive enfin après ce détour interminable, accueillis par de beaux panneaux lumineux multicolores dans un espace hyper aseptisé. Finalement tout est simple ici aussi, nos sacoches passent au scanner, nos passeports sont enregistrés et c’est parti !!

Kirghiztan – D’Osh à Karakol

Du côté kirghize de la frontière, tout est très simple. L’officier nous dit « welcome to Kirghizstan », un coup de tampon sur notre passeport et nous y voilà ! Depuis plusieurs années, les européens n’ont pas besoin de visa pour venir ici, c’est quand-même beaucoup plus accueillant !

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La ville d’Osh est collée à la frontière, on décide d’y élire domicile pour deux trois jours. On a besoin de se reposer, de se laver et de refaire ce %#?. %#%;! de JT250 qui ne veut plus s’ouvrir…
C’est ainsi qu’on fait la rencontre de notre premier chapeau kirghize. On le croirait tout droit sorti d’Alice au pays des merveilles mais les couvre-chefs de feutre blanc se multiplient autour de nous, ce n’est donc pas une blague !

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Au bazar d'Osh, on les achète pour une poignée de soms

Au bazar d’Osh, on les achète pour une poignée de soms

Osh, marché aux animaux

Osh, marché aux animaux

En marchant dans la ville déserte le soir, on tombe sur des chars en alu et carton-pâte, des ribambelles de ballons jaunes et rouges et des affiches King size disposées autour de l’imposante statue de Lénine : il se trame quelque-chose. Demain c’est le 9 Mai, jour anniversaire de la fin de la guerre 41-45 et il y aura une parade, on ne doit pas rater ça !
Depuis 9h le matin, la foule est rassemblée pour le défilé. Les discours alternent avec la présentation des différents corps de l’armée puis des enfants costumés s’agitent pour nous faire revivre les combats, d’un côté les nazis, de l’autre les russes et kirghizes. Ils font semblant de s’affronter avec leurs fausses mitraillettes et leurs avions en papier qu’ils tiennent au bout de longues perches. C’est très drôle à voir et ça nous fait un peu oublier la voix tonitruante du militaire qui hurle pour contenir les spectateurs.

Mais pourquoi cette statue de Lénine est toujours là ??

Mais pourquoi cette statue de Lénine est toujours là ??

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La campagne environnante nous transporte dans notre cher pays basque : pluie fine, collines verdoyantes et troupeaux de brebis à des kilomètres à la ronde, on aurait pu s’y méprendre. Sauf que toute la différence est là, dans la queue du mouton. Chez nous, elle est discrète, on la remarque à peine alors qu’ici on la cultive, les kirghizes en ont même fait leur plat national ! Nous avons réussi à nous épargner cette découverte gustative pour le moment, peu attiré par la teneur en gras de ce morceau de choix !

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Sacré popotin !

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Pendant notre pique-nique, deux têtes blondes surgissent : Johannes et Florian, des cyclistes allemands partis de Pékin il y a deux mois en route vers leur pays natal. On est content de partager nos impressions et une petite journée de vélo ensemble.

Johannes et Florian

Johannes et Florian

Après les vieux en Turquie, les pères de famille en Iran, les mamas en Ouzbékistan, les écoliers kirghizes sont notre nouveau public. Nous répondons avec de grands sourires aux « Hello » et aux mains tendues. Ils sont trop mimi dans leurs uniformes noirs et blancs, surtout les petites filles avec leurs rubans blancs dans les cheveux.

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Est-ce que ceux-là vont à l'école ??

Est-ce que ceux-là vont à l’école ??

Pour rejoindre Bichkek, la capitale du pays, il faut passer deux cols à plus de 3 000 m d’altitude.
On s’élève petit à petit en suivant la vallée de la Narin. Très vite, la rivière se transforme en un immense lac de barrage, puis un deuxième. La route fait les montagnes russes tandis que l’eau en contre-bas est impassiblement plate : il faut prendre un maximum d’élan dans les descentes pour minimiser les efforts dans les montées mais je ne suis pas très forte à ce jeu-là. Il fait beau et chaud, la baignade s’impose dans ces eaux bleu turquoise.

Avant l'orage ...

Avant l’orage …

Vallée de la basse-Naryn

Vallée de la basse-Naryn

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Lac de barage

Lac de barrage

C'est pas facile tous les jours !

C’est pas facile tous les jours !

Mais après l'effort, le réconfort

Mais après l’effort, le réconfort

Dans la petite ville de Karakou, on trouve un supermarché comme on en a pas vu depuis longtemps, il y a même des caddies ! Alors qu’on sirote une bière assis comme deux clochards devant l’entrée du magasin, un vieux monsieur s’approche.

  • « At kouda ?
  • Francia
  • François Hollande, plaroy, plaroy  ! Mush, gena, karacho ! Mush e mush, plaroy ! »

Le monsieur est bien au courant de l’actualité française et est totalement choqué par le mariage gay !!

On arrive ainsi au lac de Toktogul, point de départ de l’ascension du col d’Ala Bel. Le réveil sonne à 5h, à 6h30 on enfourche nos vélos et c’est parti pour 65 kilomètres de montée et 2 000 m de dénivelé. La route remonte tranquillement une rivière, il fait beau, le moral est bon, ça devrait bien se passer.
Pause lessive à 10h, un chauffeur s’arrête et on comprend que deux cyclistes italiens sont devant nous, il faut les rattraper ! A midi, j’abandonne Pierre dans un traquenard : deux kirghizes réparent la roue de leur tracteur sur le bord de la route, et en profitent pour s’hydrater de vodka et d’orge fermentée. Très peu pour moi…

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Un peu plus haut, on voit les premières yourtes et roulottes. Des nomades se sont installés pour l’été avec leurs troupeaux de chevaux, et vendent le traditionnel koumis, du lait de jument ferment. C’est très bon pour la santé paraît-il mais on ne s’y est pas encore risqué.

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Après le pique-nique, le ciel s’assombrit, et on termine l’ascension du col, non sans peine, sous des flocons de neige ! La vue doit être terrible mais ce sera pour une autre fois… Il est tard, il fait froid, on s’abrite dans l’appentis d’une maison fermée pour grignoter et finalement pour y passer la nuit. L’occasion de ressortir gants, bonnets et doudounes, l’hiver n’est pas tout à fait fini !

Le col !

Le col !

Notre abri de fortune

Notre abri de fortune

Réveil matinal le lendemain pour une longue descente cette fois, dans la vallée de Susamyr. Après 70 km de pédalade, il est seulement 10h du matin quand on arrive au pied du second col. On décide de s’y attaquer même si les gambettes sont un peu fatiguées. On devine les lacets à flanc de montagne sans en voir la fin, c’est beaucoup moins engageant que la vallée bucolique de la veille. L’énergie manque un peu pour moi mais quand faut y aller faut y aller. Je compte les minutes et les kilomètres alors que Pierre a l’air frais comme un gardon, en me demandant combien de virages se cachent derrière le dernier virage… La chance nous sourit, le dernier virage est bien le dernier puisqu’on a construit un tunnel quelques kilomètres avant le vrai col. Pour éviter l’intoxication, on enfourne nos vélos dans la remorque d’un poids lourd et on ne regrette pas notre choix : le tunnel est étroit, mal éclairé et bien embrumé par les gaz d’échappement.
De l’autre côté, c’est le brouillard et le grand froid. On devine une longue série de lacets avant que la route ne disparaisse entre les montagnes. Le brouillard fait vite place à la pluie battante et on continue la descente dans une vallée étroite et austère. De fortes pentes de gravier rouge tombent raides au bord de la route et on n’est pas à l’abri d’un éboulement à chaque virage. On zigzague entre les cailloux déjà tombés, les flaques d’eau pour ne pas être totalement trempés mais c’est peine perdue. Pas moyen ni envie de s’arrêter, le pilote automatique est enclenché jusqu’au premier endroit où on pourra se mettre au chaud.

18 Mai, Pause à Bishkek chez un warmshower devenu camping.
On a enfin rattrapé les italiens ! Leur projet est de passer les 7 plus hauts cols du monde, on est des petits joueurs à côté ! Un autre couple d’Italien est là aussi, ils doivent « ré-inventer » leurs bicyclettes comme dit Daniele, pour pouvoir poursuivre leur voyage vers la chine.
On s’inscrit dans le thème des réparations : la gente de la roue arrière de Pierre est au bord de l’explosion et plutôt que d’amener son vélo au magasin, Monsieur Bricolage se lance dans la construction d’une nouvelle roue, à partir d’un anneau, de 32 rayons avec 4 tailles différentes (surtout ne pas mélanger) et de l’ancien moyeu.

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Pendant ce temps, Antoine et Claudine teste leur machine à coudre miniature made in India

Pendant ce temps, Antoine et Claudine teste leur machine à coudre miniature made in India

Daniele, Helena, Daniele, Simona

Daniele, Helena, Daniele, Simona

Après quelques heures, beaucoup de patience et trois soirées pasta, nous voilà prêts à repartir vers le lac Issik-Köl, destination prisée des touristes russes. Mais en cette saison, point de touristes. Les plages de cet immense lac de 200 km de long sont pour nous, on se croirait au bord de l’océan avec le bruit des vagues et le sable fin et à la place de l’horizon, une immense chaîne de montagnes aux sommets enneigés, c’est paradisiaque !

Tempête près du lac Orto-Koy

Tempête près du lac Orto-Koy

Après la pluie, le beau temps !

Après la pluie, le beau temps !

Maison en containers, une spécialité kirghize

Maison en containers, une spécialité kirghize

Nostalgie de l'ère soviétique

Nostalgie de l’ère soviétique

Y a quelqu'un ??

Y a quelqu’un ??

Même pas besoin de cocotiers !

Même pas besoin de cocotiers !

Ouzbekistan – De Boukhara à Andijan

Premiers coups de pédales en Ouzbékistan, ce pays a l’air bien vivant. Il y a du monde partout ce matin, des hommes sur leurs vélos, des femmes dans les champs, des enfants sur le chemin de l’école, on se fait héler et klaxonner de toute part. Les femmes d’une cinquantaine d’années sont les plus communicantes, elles nous font de grands signes et leurs larges sourires laissent apparaître leurs dents dorées.

Bon ben on est pas arrivé !

Bon ben on est pas arrivé !

Les ouzbèques sont curieux et nous abordent facilement.
La question N*1 est At kouda, à laquelle nous répondons Francia. Parfois ils tentent leur chance pour deviner notre nationalité. Ils gagnent souvent mais on nous prend régulièrement pour des russes et même parfois pour des japonais!
La question N*2 est genat ? (mariés ?), à laquelle nous répondons oui pour éviter de rentrer dans des explications compliquées.
La question N*3 : dietie ? (des enfants?). Et là c’est l’incompréhension totale. A notre âge, pas d’enfants ???
Parfois les questions ne viennent pas et on répond par un sourire aux regards hébétés qui signifient « mais qui sont ces extraterrestres ?? »

Après les premières courses on se dit que c’est pas ici qu’on va grossir. On peut dire adieu aux bons fruits et légumes d’Iran, le seul fromage qu’on trouve est vraiment dégueulasse, les épiceries sont remplies de biscuits rances… Les typiques somsa, sortes de feuilletés fourrés au mouton sont beaucoup moins bons qu’ils en ont l’air. Disons qu’il faut aimer le gras de mouton. Heureusement le pain est bon!

Le PAIN !

Le PAIN !

L’Ouzbékistan est beaucoup plus vert qu’on imaginait. Des canaux d’irrigation courent à travers tout le pays pour faire pousser céréales et coton. Les ouvrières agricoles démarrent tôt le matin, armées de leur pioche ou de leur faucille et elles travaillent sur des parcelles immenses, jusqu’ au coucher du soleil. Y a pas à dire, la mécanisation ça a du bon.

Pour notre deuxième nuit ici, on est invité par un bonhomme à dormir chez lui. L’occasion de découvrir ce qui se cache derrière les murs des immenses maisons ouzbèques. Mais le bonhomme nous abandonne à notre sort dans la pièce où nous dormons, après nous avoir montré les toilettes. A vrai dire on aurait préféré rien savoir. Je crois qu’on a passé un cap en matière d’hygiène… Allez on est sympa, on vous épargne les détails. Le lendemain matin, l’ambiance est plus détendue, à tel point que le bonhomme nous fait voir le sexe tout frais circoncis de son petit-fils pendant qu’on avale le petit déjeuner… Bon appétit bien sûr!

Notre famille d'accueil

Notre famille d’accueil

18 avril, pause à Boukhara. Après une matinée galère pour retirer des dollars, on peut enfin se détendre et profiter du calme de la ville et de la beauté des mosquées et médersas.  On visite aussi l’Arc, ancienne place forte de la ville.  Pierre a un succès fou auprès des jeunes filles endimanchées, et prend la pause avec elles toutes les 5minutes!
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Ouzbeques endimanchées devant la statue de nasrudinne hodja

Ouzbeques endimanchées devant la statue de nasrudinne hodja

A la sortie de la ville, deux petites « tsiganes » nous alpaguent, curieuses de nous voir passer. En quelques minutes, on comprend le racisme dont elles sont victimes. Lorsqu’on demande leurs prénoms, un homme répond l’équivalent de « tsigane » et « tsigane », elles n’ont pas de prénom selon lui. Puis un chauffeur leur arrache quelques larmes avec une remarque désobligeante. Elles nous serrent fort dans leurs bras au moment de se séparer, sans doute heureuses de l’attention qu’on leur a accordée. C’est l’histoire de ceux qui sont nés  quelque part…
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On décide de faire un tour dans les steppes au nord-est de Nourata avant de rejoindre Samarkand. En haut d’un petit col, le paysage nous fait tourner la tête: de la steppe à perte de vue, quelques troupeaux et rien. On longe plusieurs jours une chaine de montagne au milieu de ce paysage immense. La chaleur écrasante nous oblige à adapter notre rythme : lever 5h30, installation d’un campement pour la sieste car pas un arbre à l’horizon, quelques km en soirée et nuit à la belle étoile.

Camp d'été

Camp d’été

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Dans une petite ville sur la route, une coiffeuse me propose ses services gratuitement. Ne serait ce que pour le shampoing, j’accepte avec plaisir. Elle passe un temps fou à me faire un brushing qui sera aplati en quelques minutes par mon casque de vélo…

Le bonheur !

Le bonheur !

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Coupe ouzbeque

Coupe ouzbeque

Il nous faut traverser les montagnes pour rejoindre Samarkand. Le goudron se fait de plus en plus rare sur la route et l’ascension du col s’annonce difficile sous cette chaleur. A mi-montée, on nous invite à la vodka. C’est plus excitant que de pédaler. Après cette pause rafraichissante le zigzag entre les nids de poule n’est plus si facile!
Deux jours plus tard, le vent vient mettre son grain de sel.  La nuit est fatigante, passée à retenir les parois de la tente. Ca tombe bien on vient juste de casser une partie du piquet… Mais ça tient. Le lendemain ça souffle toujours. On parcourt vaillamment 40km, vent pleine face, un vent à décorner les bœufs. Et les bœufs c’est pas ce qui manque ici. A croire qu’il y en a autant que de moutons…

Route ouzbeque

Route ouzbeque

Euh..cette route elle est pas sur la carte, on serait pas perdu ???

Euh..cette route elle est pas sur la carte, on serait pas perdu ???

27 Avril, Samarkand.
Nous rencontrons à l’hôtel un couple de français, un hollandais, un japonais, un couple de suisses, largement de quoi assouvir nos envie d’occident de ces derniers jours! Ca fait plaisir de pouvoir échanger en français ou en anglais, et d’avoir des conversations un peu élaborées!
A Samarkand il faut choisir entre les impressionnants monuments et les quartiers populaires. Il y a quelques années, le gouvernement a fait construire un grand mur pour cacher la misère; les habitants ont vu leurs maisons séparées du reste de la ville du jour au lendemain.
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Les copains touristes !

Les copains touristes !

Le pain de Samarkand, le meilleur de tout l'Ouzbekistan

Le pain de Samarkand, le meilleur de tout l’Ouzbekistan

Sur la route pour la vallée de Ferghana, la malédiction s’abat sur le vélo de pierre : pédalier cassé, crevaison, puis cadre tordu. Mais MacGyver  surmonte  chaque épreuve avec brio !

C'est là qu'on fait la première réparation,

C’est là qu’on fait la première réparation,

Bahraddin nous a bien aidé, en échange on fait des maths ensemble (dur dur...)

Bahraddin nous a bien aidé, en échange on fait des maths ensemble (dur dur…)

Merci à sa maman pour la bonne cuisine !

Merci à sa maman pour la bonne cuisine !

Il nous aura fallu 8 mois, mais nous y sommes. Le premier concert !
A Qo’qon, nous enchainons You’re my sunshine puis My grandma au milieu d’un immense marché. Les téléphones portables fusent pour immortaliser ces deux français expansifs.

Bazar

Bazar

Sur le bazar, les fameux kurk, boulettes de fromage très sec et très salé

Sur le bazar, les fameux kurk, boulettes de fromage très sec et très salé

A la frontière kirghize, nous sommes nerveux. Nous ne nous sommes pas enregistrés toutes les trois nuits comme l’exige la loi, pour éviter de payer des nuits d’hôtel. Un officier nous a certifié que c’était inutile si nous campions. Mais la législation ouzbèque n’a pas l’air très claire sur ce point. Nous avons peur de l’amende mais au lieu de cela, le douanier rigole en regardant les photos dans le téléphone.

Au bout de quelques minutes, il s’arrête, lassé. On a de la chance car derrière nous, un homme s’approche. Son téléphone contient de divertissantes vidéos. Le douanier s’assied et enfile ses lunettes pour être plus à son aise. L’homme attend patiemment pendant que l’officier se bidonne.

Fin de l’Iran et traversée du Turkménistan

On redémarre après une semaine passée à Mashhad, c’est étrange de reprendre la route après cette grosse coupure. On a l’impression d’être sorti du voyage.

La route jusqu’à Sarakhs est belle, les prairies sont recouvertes d’une sorte de moquette verte parsemée de coquelicots, c’est très bucolique. On croise peu de villages, des bergers nomades sont installés dans les bergeries pour la belle saison.
Un soir, l’un d’entre eux s’invite dans notre tente, l’occasion rêvée pour lui de fumer sa dose d’opium à l’abri du regard de son grand frère !

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Le berger

Le berger

Le lendemain, on fait la pause de midi dans une bergerie abandonnée, il fait chaud et il nous faut de l’ombre : quelle erreur ! On est attaqué par des puces ENORMES : c’est le début du cauchemar pour moi alors que Pierre se contente d’être porteur sain. On met en place on plan vigipuces, inspection des duvets et vêtements au lever et au coucher. Malgré tous ces efforts, on peut compter une centaine de boutons dans mon dos, à multiplier par toutes les parties du corps.

Pour notre dernière soirée en Iran, on est accueilli dans la famille de Ramin et Mohadese. Les deux ados sont surexcités de nous recevoir chez eux. Quelle surprise lorsqu’on découvre sur l’écran de leur ordinateur les photos de voyage de Camille et Virginie, deux amis partis à vélo quelques mois avant nous !!

Caravansérail de Robat e Shahar

Caravansérail de Robat e Shahar

Salut Camille et Virginie !

Salut Camille et Virginie !

Démonstration du montage de la tente

Démonstration du montage de la tente

La chevauchée du Turkmenistan – 12 Avril / 16 Avril

Pas une minute à perdre, on se présente à 8h à la douane. Le président turkmène n’aime pas trop les touristes et nous avons 5 jours pour parcourir un peu plus de 500 km avec deux passages de frontière. L’état de la route et le vent ne sont pas vraiment en notre faveur. Notre visite du pays se résume à deux villes et des kilomètres de désert.

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Y a vraiment pas grand-chose ici...

Y a vraiment pas grand-chose ici…

Peut-être des chameaux ?

Peut-être des chameaux ?

Sur la route, les voitures sont flambant neuves, la Toyota Taurus a le monopole. Pour le reste, des 4×4 reluisants, des véhicules militaires datant de l’URSS et des camions en transit.
L’un de ces bolides zigzague un peu devant nous avant de s’arrêter. Cinq hommes empestant la vodka en descendent : j’ai droit à un bouquet de coquelicots et Pierre à un porter acrobatique qui se termine en chute sur le bas-côté. On espère qu’ils sont pas tous comme ça sinon ça craint pour nos chances de survie dans ce pays…
Heureusement on réussit à recueillir quelques sourires dorés. Les tenues des femmes sont magnifiques, robes longues et colorées portées près du corps, ornées de broderies à l’encolure, avec un foulard sur la tête.

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Turkmènes bourrés

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Ville de Mary : une succession de bâtiments blancs et dorés, aux allures importantes. On ne voit pas d’habitations. Des dames balayent la route ou désherbent les terre-pleins, rien ne doit dépasser, il faut que ce soit propre. Même les mécanos de l’entrée de la ville semblent aseptisés. Turkménabat est dans le même style.

Les quelques villages qu’on croisent sont complètement différents des villages iraniens. Les maisons ont des toits pentus et surtout, ne sont plus clôturées par des murs immenses. On est surpris de voir le bazar dans les cours des maisons, de voir le linge des familles sécher dehors, presque gênés de rentrer dans leur intimité.

Le dernier jour, on arrive à la frontière à 14h. Good Job.

Fin de l’Iran et traversée du Turkmenistan

On redémarre après une semaine passée à Mashhad, c’est étrange de reprendre la route après cette grosse coupure. On a l’impression d’être sorti du voyage. La route jusqu’à Sarakhs est belle, les prairies sont recouvertes d’une sorte de moquette verte parsemée de coquelicots, c’est très bucolique. On croise peu de villages, des bergers nomades sont installés dans les bergeries pour la belle saison. Un soir, l’un d’entre eux s’invite dans notre tente, l’occasion rêvée pour lui de fumer sa dose d’opium à l’abri du regard de son grand frère ! FormatFactoryIMG_8578

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Le berger

Le berger

Le lendemain, on fait la pause de midi dans une bergerie abandonnée, il fait chaud et il nous faut de l’ombre : quelle erreur ! On est attaqué par des puces ENORMES : c’est le début du cauchemar pour moi alors que Pierre se contente d’être porteur sain. On met en place on plan vigipuces, inspection des duvets et vêtements au lever et au coucher. Malgré tous ces efforts, on peut compter une centaine de boutons dans mon dos, à multiplier par toutes les parties du corps. Pour notre dernière soirée en Iran, on est accueilli dans la famille de Ramin et Mohadese. Les deux ados sont surexcités de nous recevoir chez eux. Quelle surprise lorsqu’on découvre sur l’écran de leur ordinateur les photos de voyage de Camille et Virginie, deux amis partis à vélo quelques mois avant nous !!

Salut Camille et Virginie !

Salut Camille et Virginie !

Démonstration du montage de la tente

Démonstration du montage de la tente

La chevauchée du Turkmenistan – 12 Avril / 16 Avril

Pas une minute à perdre, on se présente à 8h à la douane. Le président turkmène n’aime pas trop les touristes et nous avons 5 jours pour parcourir un peu plus de 500 km avec deux passages de frontière. L’état de la route et le vent ne sont pas vraiment en notre faveur. Notre visite du pays se résume à deux villes et des kilomètres de désert.

Bienvenue au Turkménistan

Bienvenue au Turkménistan

Y a vraiment pas grand-chose ici...

Y a vraiment pas grand-chose ici…

Peut-être des chameaux ?

Peut-être des chameaux ?

Les quelques villages qu’on croisent sont complètement différents des villages iraniens. Les maisons ont des toits pentus et surtout, ne sont plus clôturées par des murs immenses. On est surpris de voir le bazar dans les cours des maisons, de voir le linge des familles sécher dehors, presque gênés de rentrer dans leur intimité. Sur la route, les voitures sont flambant neuves, la Toyota Taurus a le monopole. Pour le reste, des 4×4 reluisants, des véhicules militaires datant de l’URSS et des camions en transit. L’un de ces bolides zigzague un peu devant nous avant de s’arrêter. Cinq hommes empestant la vodka en descendent : j’ai droit à un bouquet de coquelicots et Pierre à un porter acrobatique qui se termine en chute sur le bas-côté. On espère qu’ils sont pas tous comme ça sinon ça craint pour nos chances de survie dans ce pays… Heureusement on réussit à recueillir quelques sourires dorés. Les tenues des femmes sont magnifiques, robes longues et colorées portées près du corps, ornées de broderies à l’encolure, avec un foulard sur la tête.

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Turkmènes bourrés

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Ville de Mary : une succession de bâtiments blancs et dorés, aux allures importantes. On ne voit pas d’habitations. Des dames balayent la route ou désherbent les terre-pleins, rien ne doit dépasser, il faut que ce soit propre. Même les mécanos de l’entrée de la ville semblent aseptisés. Turkménabat est dans le même style. Le dernier jour, on arrive à la frontière à 14h. Good Job.