Kirghiztan – D’Osh à Karakol

Du côté kirghize de la frontière, tout est très simple. L’officier nous dit « welcome to Kirghizstan », un coup de tampon sur notre passeport et nous y voilà ! Depuis plusieurs années, les européens n’ont pas besoin de visa pour venir ici, c’est quand-même beaucoup plus accueillant !

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La ville d’Osh est collée à la frontière, on décide d’y élire domicile pour deux trois jours. On a besoin de se reposer, de se laver et de refaire ce %#?. %#%;! de JT250 qui ne veut plus s’ouvrir…
C’est ainsi qu’on fait la rencontre de notre premier chapeau kirghize. On le croirait tout droit sorti d’Alice au pays des merveilles mais les couvre-chefs de feutre blanc se multiplient autour de nous, ce n’est donc pas une blague !

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Au bazar d'Osh, on les achète pour une poignée de soms

Au bazar d’Osh, on les achète pour une poignée de soms

Osh, marché aux animaux

Osh, marché aux animaux

En marchant dans la ville déserte le soir, on tombe sur des chars en alu et carton-pâte, des ribambelles de ballons jaunes et rouges et des affiches King size disposées autour de l’imposante statue de Lénine : il se trame quelque-chose. Demain c’est le 9 Mai, jour anniversaire de la fin de la guerre 41-45 et il y aura une parade, on ne doit pas rater ça !
Depuis 9h le matin, la foule est rassemblée pour le défilé. Les discours alternent avec la présentation des différents corps de l’armée puis des enfants costumés s’agitent pour nous faire revivre les combats, d’un côté les nazis, de l’autre les russes et kirghizes. Ils font semblant de s’affronter avec leurs fausses mitraillettes et leurs avions en papier qu’ils tiennent au bout de longues perches. C’est très drôle à voir et ça nous fait un peu oublier la voix tonitruante du militaire qui hurle pour contenir les spectateurs.

Mais pourquoi cette statue de Lénine est toujours là ??

Mais pourquoi cette statue de Lénine est toujours là ??

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La campagne environnante nous transporte dans notre cher pays basque : pluie fine, collines verdoyantes et troupeaux de brebis à des kilomètres à la ronde, on aurait pu s’y méprendre. Sauf que toute la différence est là, dans la queue du mouton. Chez nous, elle est discrète, on la remarque à peine alors qu’ici on la cultive, les kirghizes en ont même fait leur plat national ! Nous avons réussi à nous épargner cette découverte gustative pour le moment, peu attiré par la teneur en gras de ce morceau de choix !

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Sacré popotin !

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Pendant notre pique-nique, deux têtes blondes surgissent : Johannes et Florian, des cyclistes allemands partis de Pékin il y a deux mois en route vers leur pays natal. On est content de partager nos impressions et une petite journée de vélo ensemble.

Johannes et Florian

Johannes et Florian

Après les vieux en Turquie, les pères de famille en Iran, les mamas en Ouzbékistan, les écoliers kirghizes sont notre nouveau public. Nous répondons avec de grands sourires aux « Hello » et aux mains tendues. Ils sont trop mimi dans leurs uniformes noirs et blancs, surtout les petites filles avec leurs rubans blancs dans les cheveux.

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Est-ce que ceux-là vont à l'école ??

Est-ce que ceux-là vont à l’école ??

Pour rejoindre Bichkek, la capitale du pays, il faut passer deux cols à plus de 3 000 m d’altitude.
On s’élève petit à petit en suivant la vallée de la Narin. Très vite, la rivière se transforme en un immense lac de barrage, puis un deuxième. La route fait les montagnes russes tandis que l’eau en contre-bas est impassiblement plate : il faut prendre un maximum d’élan dans les descentes pour minimiser les efforts dans les montées mais je ne suis pas très forte à ce jeu-là. Il fait beau et chaud, la baignade s’impose dans ces eaux bleu turquoise.

Avant l'orage ...

Avant l’orage …

Vallée de la basse-Naryn

Vallée de la basse-Naryn

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Lac de barage

Lac de barrage

C'est pas facile tous les jours !

C’est pas facile tous les jours !

Mais après l'effort, le réconfort

Mais après l’effort, le réconfort

Dans la petite ville de Karakou, on trouve un supermarché comme on en a pas vu depuis longtemps, il y a même des caddies ! Alors qu’on sirote une bière assis comme deux clochards devant l’entrée du magasin, un vieux monsieur s’approche.

  • « At kouda ?
  • Francia
  • François Hollande, plaroy, plaroy  ! Mush, gena, karacho ! Mush e mush, plaroy ! »

Le monsieur est bien au courant de l’actualité française et est totalement choqué par le mariage gay !!

On arrive ainsi au lac de Toktogul, point de départ de l’ascension du col d’Ala Bel. Le réveil sonne à 5h, à 6h30 on enfourche nos vélos et c’est parti pour 65 kilomètres de montée et 2 000 m de dénivelé. La route remonte tranquillement une rivière, il fait beau, le moral est bon, ça devrait bien se passer.
Pause lessive à 10h, un chauffeur s’arrête et on comprend que deux cyclistes italiens sont devant nous, il faut les rattraper ! A midi, j’abandonne Pierre dans un traquenard : deux kirghizes réparent la roue de leur tracteur sur le bord de la route, et en profitent pour s’hydrater de vodka et d’orge fermentée. Très peu pour moi…

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Un peu plus haut, on voit les premières yourtes et roulottes. Des nomades se sont installés pour l’été avec leurs troupeaux de chevaux, et vendent le traditionnel koumis, du lait de jument ferment. C’est très bon pour la santé paraît-il mais on ne s’y est pas encore risqué.

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Après le pique-nique, le ciel s’assombrit, et on termine l’ascension du col, non sans peine, sous des flocons de neige ! La vue doit être terrible mais ce sera pour une autre fois… Il est tard, il fait froid, on s’abrite dans l’appentis d’une maison fermée pour grignoter et finalement pour y passer la nuit. L’occasion de ressortir gants, bonnets et doudounes, l’hiver n’est pas tout à fait fini !

Le col !

Le col !

Notre abri de fortune

Notre abri de fortune

Réveil matinal le lendemain pour une longue descente cette fois, dans la vallée de Susamyr. Après 70 km de pédalade, il est seulement 10h du matin quand on arrive au pied du second col. On décide de s’y attaquer même si les gambettes sont un peu fatiguées. On devine les lacets à flanc de montagne sans en voir la fin, c’est beaucoup moins engageant que la vallée bucolique de la veille. L’énergie manque un peu pour moi mais quand faut y aller faut y aller. Je compte les minutes et les kilomètres alors que Pierre a l’air frais comme un gardon, en me demandant combien de virages se cachent derrière le dernier virage… La chance nous sourit, le dernier virage est bien le dernier puisqu’on a construit un tunnel quelques kilomètres avant le vrai col. Pour éviter l’intoxication, on enfourne nos vélos dans la remorque d’un poids lourd et on ne regrette pas notre choix : le tunnel est étroit, mal éclairé et bien embrumé par les gaz d’échappement.
De l’autre côté, c’est le brouillard et le grand froid. On devine une longue série de lacets avant que la route ne disparaisse entre les montagnes. Le brouillard fait vite place à la pluie battante et on continue la descente dans une vallée étroite et austère. De fortes pentes de gravier rouge tombent raides au bord de la route et on n’est pas à l’abri d’un éboulement à chaque virage. On zigzague entre les cailloux déjà tombés, les flaques d’eau pour ne pas être totalement trempés mais c’est peine perdue. Pas moyen ni envie de s’arrêter, le pilote automatique est enclenché jusqu’au premier endroit où on pourra se mettre au chaud.

18 Mai, Pause à Bishkek chez un warmshower devenu camping.
On a enfin rattrapé les italiens ! Leur projet est de passer les 7 plus hauts cols du monde, on est des petits joueurs à côté ! Un autre couple d’Italien est là aussi, ils doivent « ré-inventer » leurs bicyclettes comme dit Daniele, pour pouvoir poursuivre leur voyage vers la chine.
On s’inscrit dans le thème des réparations : la gente de la roue arrière de Pierre est au bord de l’explosion et plutôt que d’amener son vélo au magasin, Monsieur Bricolage se lance dans la construction d’une nouvelle roue, à partir d’un anneau, de 32 rayons avec 4 tailles différentes (surtout ne pas mélanger) et de l’ancien moyeu.

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Pendant ce temps, Antoine et Claudine teste leur machine à coudre miniature made in India

Pendant ce temps, Antoine et Claudine teste leur machine à coudre miniature made in India

Daniele, Helena, Daniele, Simona

Daniele, Helena, Daniele, Simona

Après quelques heures, beaucoup de patience et trois soirées pasta, nous voilà prêts à repartir vers le lac Issik-Köl, destination prisée des touristes russes. Mais en cette saison, point de touristes. Les plages de cet immense lac de 200 km de long sont pour nous, on se croirait au bord de l’océan avec le bruit des vagues et le sable fin et à la place de l’horizon, une immense chaîne de montagnes aux sommets enneigés, c’est paradisiaque !

Tempête près du lac Orto-Koy

Tempête près du lac Orto-Koy

Après la pluie, le beau temps !

Après la pluie, le beau temps !

Maison en containers, une spécialité kirghize

Maison en containers, une spécialité kirghize

Nostalgie de l'ère soviétique

Nostalgie de l’ère soviétique

Y a quelqu'un ??

Y a quelqu’un ??

Même pas besoin de cocotiers !

Même pas besoin de cocotiers !

7 réflexions sur “Kirghiztan – D’Osh à Karakol

  1. You made it to the other side! We passed you on the road near jalalabad, next to the Uzbekistan border. We waved frantically but our shared-taxi driver was going about 200 km per hour… The road scared us and we were in a car, glad you’ve made it safely 🙂

  2. Bonjour bons amis,
    Ma famille et moi toujours lus avec plaisir
    des nouvelles de Vos nouvelles.
    Vous êtes arrivé au Kirghizistan, Bravo!
    Vous êtes proche de la ligne d’arrivée.

    Un baiser pour Vous.

    Roberto & c:

  3. Pierre, je vois que tu n’as pas fait de l’adoption de la moustache un acte définitif… je suis un peu destabilisé. Je reprends la lecture de vos aventures depuis votre départ pour tenter d’entrevoir une quelconque raison, un indice pour nous aider à comprendre. Lucie y est-elle pour quelque chose?… c’est le Kirghise qui t’impressionne? Toujours impressionnantes ces réparations, mais désolé avec une moustache ça aurait une autre gueule.
    Bon. C’est comme ça, pour l’instant!
    Ton frère qui t’aime, mais qui te préférait avec des couettes (c’est autre chose dont on parlera plus tard). Bye bye et on vous embrasse!

    • Ecoute, ca tombe bien que tu m’en parle, je comptais faire un coming out
      Je me suis vite apercu que les controles de douane etaient moins frequents sans port de moustache.
      Que veux-tu ? La societe moderne fait aujourd’hui plus confiance a quelqu’un qui sort de nulle part sans moustache que d’un brave pileux dont on lit le menu sur la levre superieure.
      Bon, je te bise, ca ne picote pas mais c’est avec le coeur…

  4. Salut a vous! Je prend plaisir a lire votre blog au chaud. Le voyage est fini pour moi, je suis de retour dans les Pyrénées avec des souvenirs plein la tete! Je vous souhaite une bonne dernière ligne droite… Alexis (croisé en Croatie).

  5. Assis sur mon trône, regardant d’un air poétique notre carte du monde, je rêve de vous à chaque étron.
    Bonne suite de route à vous deux, j’attends de lire la suite du périple!
    bises

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