Ouzbekistan – De Boukhara à Andijan

Premiers coups de pédales en Ouzbékistan, ce pays a l’air bien vivant. Il y a du monde partout ce matin, des hommes sur leurs vélos, des femmes dans les champs, des enfants sur le chemin de l’école, on se fait héler et klaxonner de toute part. Les femmes d’une cinquantaine d’années sont les plus communicantes, elles nous font de grands signes et leurs larges sourires laissent apparaître leurs dents dorées.

Bon ben on est pas arrivé !

Bon ben on est pas arrivé !

Les ouzbèques sont curieux et nous abordent facilement.
La question N*1 est At kouda, à laquelle nous répondons Francia. Parfois ils tentent leur chance pour deviner notre nationalité. Ils gagnent souvent mais on nous prend régulièrement pour des russes et même parfois pour des japonais!
La question N*2 est genat ? (mariés ?), à laquelle nous répondons oui pour éviter de rentrer dans des explications compliquées.
La question N*3 : dietie ? (des enfants?). Et là c’est l’incompréhension totale. A notre âge, pas d’enfants ???
Parfois les questions ne viennent pas et on répond par un sourire aux regards hébétés qui signifient « mais qui sont ces extraterrestres ?? »

Après les premières courses on se dit que c’est pas ici qu’on va grossir. On peut dire adieu aux bons fruits et légumes d’Iran, le seul fromage qu’on trouve est vraiment dégueulasse, les épiceries sont remplies de biscuits rances… Les typiques somsa, sortes de feuilletés fourrés au mouton sont beaucoup moins bons qu’ils en ont l’air. Disons qu’il faut aimer le gras de mouton. Heureusement le pain est bon!

Le PAIN !

Le PAIN !

L’Ouzbékistan est beaucoup plus vert qu’on imaginait. Des canaux d’irrigation courent à travers tout le pays pour faire pousser céréales et coton. Les ouvrières agricoles démarrent tôt le matin, armées de leur pioche ou de leur faucille et elles travaillent sur des parcelles immenses, jusqu’ au coucher du soleil. Y a pas à dire, la mécanisation ça a du bon.

Pour notre deuxième nuit ici, on est invité par un bonhomme à dormir chez lui. L’occasion de découvrir ce qui se cache derrière les murs des immenses maisons ouzbèques. Mais le bonhomme nous abandonne à notre sort dans la pièce où nous dormons, après nous avoir montré les toilettes. A vrai dire on aurait préféré rien savoir. Je crois qu’on a passé un cap en matière d’hygiène… Allez on est sympa, on vous épargne les détails. Le lendemain matin, l’ambiance est plus détendue, à tel point que le bonhomme nous fait voir le sexe tout frais circoncis de son petit-fils pendant qu’on avale le petit déjeuner… Bon appétit bien sûr!

Notre famille d'accueil

Notre famille d’accueil

18 avril, pause à Boukhara. Après une matinée galère pour retirer des dollars, on peut enfin se détendre et profiter du calme de la ville et de la beauté des mosquées et médersas.  On visite aussi l’Arc, ancienne place forte de la ville.  Pierre a un succès fou auprès des jeunes filles endimanchées, et prend la pause avec elles toutes les 5minutes!
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Ouzbeques endimanchées devant la statue de nasrudinne hodja

Ouzbeques endimanchées devant la statue de nasrudinne hodja

A la sortie de la ville, deux petites « tsiganes » nous alpaguent, curieuses de nous voir passer. En quelques minutes, on comprend le racisme dont elles sont victimes. Lorsqu’on demande leurs prénoms, un homme répond l’équivalent de « tsigane » et « tsigane », elles n’ont pas de prénom selon lui. Puis un chauffeur leur arrache quelques larmes avec une remarque désobligeante. Elles nous serrent fort dans leurs bras au moment de se séparer, sans doute heureuses de l’attention qu’on leur a accordée. C’est l’histoire de ceux qui sont nés  quelque part…
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On décide de faire un tour dans les steppes au nord-est de Nourata avant de rejoindre Samarkand. En haut d’un petit col, le paysage nous fait tourner la tête: de la steppe à perte de vue, quelques troupeaux et rien. On longe plusieurs jours une chaine de montagne au milieu de ce paysage immense. La chaleur écrasante nous oblige à adapter notre rythme : lever 5h30, installation d’un campement pour la sieste car pas un arbre à l’horizon, quelques km en soirée et nuit à la belle étoile.

Camp d'été

Camp d’été

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Dans une petite ville sur la route, une coiffeuse me propose ses services gratuitement. Ne serait ce que pour le shampoing, j’accepte avec plaisir. Elle passe un temps fou à me faire un brushing qui sera aplati en quelques minutes par mon casque de vélo…

Le bonheur !

Le bonheur !

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Coupe ouzbeque

Coupe ouzbeque

Il nous faut traverser les montagnes pour rejoindre Samarkand. Le goudron se fait de plus en plus rare sur la route et l’ascension du col s’annonce difficile sous cette chaleur. A mi-montée, on nous invite à la vodka. C’est plus excitant que de pédaler. Après cette pause rafraichissante le zigzag entre les nids de poule n’est plus si facile!
Deux jours plus tard, le vent vient mettre son grain de sel.  La nuit est fatigante, passée à retenir les parois de la tente. Ca tombe bien on vient juste de casser une partie du piquet… Mais ça tient. Le lendemain ça souffle toujours. On parcourt vaillamment 40km, vent pleine face, un vent à décorner les bœufs. Et les bœufs c’est pas ce qui manque ici. A croire qu’il y en a autant que de moutons…

Route ouzbeque

Route ouzbeque

Euh..cette route elle est pas sur la carte, on serait pas perdu ???

Euh..cette route elle est pas sur la carte, on serait pas perdu ???

27 Avril, Samarkand.
Nous rencontrons à l’hôtel un couple de français, un hollandais, un japonais, un couple de suisses, largement de quoi assouvir nos envie d’occident de ces derniers jours! Ca fait plaisir de pouvoir échanger en français ou en anglais, et d’avoir des conversations un peu élaborées!
A Samarkand il faut choisir entre les impressionnants monuments et les quartiers populaires. Il y a quelques années, le gouvernement a fait construire un grand mur pour cacher la misère; les habitants ont vu leurs maisons séparées du reste de la ville du jour au lendemain.
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Les copains touristes !

Les copains touristes !

Le pain de Samarkand, le meilleur de tout l'Ouzbekistan

Le pain de Samarkand, le meilleur de tout l’Ouzbekistan

Sur la route pour la vallée de Ferghana, la malédiction s’abat sur le vélo de pierre : pédalier cassé, crevaison, puis cadre tordu. Mais MacGyver  surmonte  chaque épreuve avec brio !

C'est là qu'on fait la première réparation,

C’est là qu’on fait la première réparation,

Bahraddin nous a bien aidé, en échange on fait des maths ensemble (dur dur...)

Bahraddin nous a bien aidé, en échange on fait des maths ensemble (dur dur…)

Merci à sa maman pour la bonne cuisine !

Merci à sa maman pour la bonne cuisine !

Il nous aura fallu 8 mois, mais nous y sommes. Le premier concert !
A Qo’qon, nous enchainons You’re my sunshine puis My grandma au milieu d’un immense marché. Les téléphones portables fusent pour immortaliser ces deux français expansifs.

Bazar

Bazar

Sur le bazar, les fameux kurk, boulettes de fromage très sec et très salé

Sur le bazar, les fameux kurk, boulettes de fromage très sec et très salé

A la frontière kirghize, nous sommes nerveux. Nous ne nous sommes pas enregistrés toutes les trois nuits comme l’exige la loi, pour éviter de payer des nuits d’hôtel. Un officier nous a certifié que c’était inutile si nous campions. Mais la législation ouzbèque n’a pas l’air très claire sur ce point. Nous avons peur de l’amende mais au lieu de cela, le douanier rigole en regardant les photos dans le téléphone.

Au bout de quelques minutes, il s’arrête, lassé. On a de la chance car derrière nous, un homme s’approche. Son téléphone contient de divertissantes vidéos. Le douanier s’assied et enfile ses lunettes pour être plus à son aise. L’homme attend patiemment pendant que l’officier se bidonne.

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