Iran – De Na’in à Mashhad

Vous l’aurez deviné, L’Iran n’est pas le pays de la liberté d’expression ! Voilà les articles que vous auriez pu lire il y a quelques jours. On est désolé, ça manque un peu de photos mais on en a perdu une partie momentanément… La traversée du désert Dasht-e-kavir ne s’annonce pas si austère qu’on se l’imaginait. On traverse peu de villages mais il y a du monde sur les routes, c’est le grand départ des vacances de No-Rouz. La plupart des iraniens retournent dans leur famille pour fêter le passage à la nouvelle année. Dans cette période détendue, notre popularité sur la route augmente. Chaque jour des voitures s’arrêtent, le coffre rempli de thé, fruits et petits gâteaux, pistaches, nougats. C’est pas ici qu’on va perdre du poids ! Pour nos campements, on recherche le relief, c’est curieux comme il est difficile de s’installer au milieu de rien, on a besoin de murs, d’une montagne, d’un arbre pour s’abriter du vent, des regards, se cacher un peu. Mais lors de la traversée du lac de sel de Khour, point de relief. On « plante » la tente sur le pavage blanc, et tant pis pour le vent, on s’en accommodera parce que c’est beau ! Tous les 20 km, des panneaux nous avertissent « Attention Chameau ». Il nous faut attendre quelques jours pour voir les premiers. En petit groupe, ils mangent ce qu’ils trouvent et progressent nonchalamment. On peut s’approcher d’eux, ils ne sont pas très inquiets. On voit aussi quelques carcasses au bord de la route. Pas facile pour un chameau… Dans un virage, une oasis. Quelques parcelles d’avoine, un arbre et des maisons en terre abandonées. On explore les lieux : un bassin retient l’eau amenée du village voisin, il alimente tout un réseau de canaux d’irrigation entre les parcelles cultivées. Valliolah, le propriétaire des lieux nous rejoint et nous fait visiter, puis on l’aide pour l’arrosage. Pour finir, il nous invite chez lui. Il nous présente sa femme Mariam, et leurs trois enfants, tous doux comme des agneaux. Sauf Irfan le petit dernier, très occupé à poursuivre leur animal de compagnie, un oiseau du désert qu’on appelle kapk. Les plumes volent et l’enfant rit ! No-Rouz oblige, c’est le défilé de la famille. Tout le monde se réunit autour d’une belle table garnie de pistaches, fruits, bonbons, gâteaux, thé bien sûr… On discute avec les anglophones, du côté des hommes. Le lendemain, on visite les jardins collectifs autour du village, la cabane aux fleurs construite à flanc de colline par un cousin, on fabrique de nouvelles plaques pour nos vélos, découvre la lyophilisation du lait de chèvre pour sa conservation. Mariam nous impressionne à tisser un magnifique tapis, qu’elle vendra une misère à la ville voisine après deux mois de travail. On apprend quelques mots de français à Issa qui nous a promis d’être expert d’ici un an… Le vert des arbres détonne dans cette étendue désertique. A 15h, on finit par décoller, le ventre bien plein. L’Iran, un pays très safe… Après un mois passé dans ce pays, nous sommes en totale confiance. Tout le monde cherche à nous aider, à nous nourrir, à nous accueillir, nous n’avons croisé aucun esprit malveillant. Mais la police s’inquiète pour nous. Un soir, une voiture de police nous escorte sans vraiment nous aborder : ils roulent à quelques mètres derrière nous, à notre rythme. Lorsqu’on s’éloigne de la route pour camper ils nous suivent et tentent de nous décourager, c’est très dangereux ici, on dormira beaucoup mieux dans une mosquée de bord de route, un peu plus loin. On les congédie et ils lâchent l’affaire. Le lendemain soir, rebelote. On a dégoté un magnifique caravansérail pour passer la nuit mais une puissante lampe torche vient nous déranger en pleine installation : le policier est un peu pénible, on a du mal à s’en débarrasser. Il finit par s’en aller, en nous demandant de se présenter au poste le lendemain Le jour suivant, c’est le croissant rouge qui nous escorte jusqu’au poste de police suivant. Et cette fois, ils vont pas nous lâcher comme ça : tous les policiers de la région se sont mis en tête de se relayer pour nous escorter, pour notre sécurité. Ils sont très gentils, mais les contrôles de passeport à longueur de temps et la voiture de police en permanence dans le rétro, c’est pas notre tasse de thé. A croire qu’ils n’ont vraiment rien à faire. Pierre à bout de nerfs, finit par faire un scandale en plantant son vélo au milieu d’une petite route et exige de parler à un officier anglophone. Après quelques coups de fil, on nous amène une étudiante en langue qui se fait l’interprète des négociations. Encore une fois, ils ne veulent pas nous laisser camper. La discussion dure une bonne heure et notre détermination à ne pas bouger finit par les décourager. Ils semblent avoir enfin compris notre désir de tranquillité, on ne les reverra plus. Ce soir là, deux villageois qui ont assisté à la scène nous invite chez eux. L’alcool et l’opium tournent dans la maison, on est bien loin de la prison dorée ! Arrivée à Mashhad chez Frédéric et Atefeh, couple franco-iranien rencontré devant l’ambassade de France à Teheran. Ca fait plaisir d’avoir des discussions un peu plus élaborées que celles permises par notre maigre connaissance du farsi… On est choyé par toute la famille qui occupe quatre étages de l’immeuble, les petits plats et pâtisseries défilent ! On déguste un délicieux ab-gousht, plat traditionnel à base de mouton, pommes de terre et pois chiches, le tout en buvant du coca « parce que c’est plus traditionnel »… Ça manque un peu de rouge tout ça ! On fait une cure d’internet et d’ordinateur, décidément l’esprit du voyage ne nous a pas encore complètement envoûtés.

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2 réflexions sur “Iran – De Na’in à Mashhad

  1. Hourra !!!! Puis-je avoir de vos nouvelles.
    Je suis heureux d’avoir de bonnes nouvelles.
    Combien de miles ont pédalé vos jambes,
    et combien de beautés ont vu vos yeux …..
    Grande aventure.
    Meilleurs voeux et les salutations de l’Italie.

    Roberto.

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