Les Mous du Genou: le film & le livre !

Les mous du genou, le film BD

On vous avait prevenus !

A force d’appuyer sur les pédales, et ben… ça a fait un film.
Le voilà donc, le documentaire, il est PRESQUE prêt !
Et le livre est fini aussi !
LES MOUS DU GENOU: FRANCE-MONGOLIE A VELO

PRESQUE… C’est le mot, parce qu’on a besoin d’un peu d’argent pour payer des trucs incroyables:
  • l’enregistrement de la voix OFF en studio (avec nos vraies voix)
  • la traduction en anglais (par Anna-Andréa)
  • le gravage des DVDs et la belle couverture du boitier…
  • des nouveaux vel… ha non
Pour soigner notre déprime cinglante post vacances, on est en donc en train de monter une page de crowdfunding.

Avant que les anglophobes, excusez du peu, ne se jettent sur leur Harrap’s Anglais-Francais poussiéreux, on explique: le principe du crowdfunding, c’est que vous donnez un peu d’argent pour un projet contre quelques contreparties, la plupart du temps fallacieuses et futiles.
Mais là, que nenni pour nous, en contrepartie on vous propose (carrément) de pré-acheter le documentaire

Cas bien: Si assez de monde nous finance, et ben on fonce et on vous envoie a chacun le DVD (à partir de 12 euros de contribution, faut pas deconner non plus). Si vous donnez plus, vous aurez même droit à un livre très bien écrit et des belles photos.

Cas moins bien: Si on ne récolte pas assez d’argent, et bien vous êtes remboursés.

On a fixé la jauge a 1000 euros a collecter en 2 mois. 
Et si on fait plus? Et bien on édite le livre qui est déjà écrit! Hehe.
En cliquant sur le titre en marron,
vous accédez au site sur lequel
vous pouvez être généreux…

et surtout vous pouvez voir la super bande annonce !

AH OUI, hyper important: faites passer le lien !! Allez vous allez bien trouver des gens que ca branche, les aventures de deux dégénérés (il y a vraiment autant d’accents que ça dans dégénérés???)
 Comment faire sur le site:

-sélectionner une des contreparties à droite (donc soit le DVD tout seul, soit le livre, soit les photos, soit tout…)
-cliquer sur « Je participe »: le montant de votre participation s’affiche
-le site vous propose alors de vous connecter par Facebook, mais vous pouvez ignorer et vous inscrire directement en créant un compte, donc vous inventez un mot de passe.

C’est mal expliqué sur leur site. Si vous n’y arrivez pas, envoyez nous un mail: pierremanchot@gmail.com ou telephonez-nous: 06.26.44.36.11

Retour au bercail !

Après 11 mois passés autour du monde, environ 17 500 kilomètres au compteur, nous avons retrouvé nos chères Pyrénées et surtout nos familles qui nous ont réservé un accueil digne de ce nom !

C’est le moment de vous remercier, fidèles lecteurs et admirateurs, pour tous les petits mots que nous avons reçus, vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous étions heureux de recevoir des nouvelles de France et d’ailleurs !

On continue à voyager un peu dans nos têtes puisqu’on s’est lancé dans la réalisation d’un documentaire pour raconter notre aventure, pas le temps de s’ennuyer ou de déprimer. Par contre, nos mollets sont au chômage technique et ils nous réveillent la nuit, exigeant de faire de tours de pédales !

La première projection aura lieu le jeudi 20 Août à la maison pour tous d’Igon, à 20h.

Documentaire affiche
A très bientôt !

Lucie et Pierre

Quand le genou redevient mou

Quand le genou redevient mou, il aime se glisser sous le comptoir du bar et c’est le coude qui prend le relais, pour porter le verre de la table au gosier !

Parce que ça fait depuis la Croatie qu’on a pas vu un mojito et qu’on est super content de retrouver les copains, on vous donne rendez-vous le vendredi 7 Août à partir de 20h aux Ours, rue des Pyrénées dans le 20ème.

Voilà quelques photos des derniers kilomètres. Gros bisous et à très vite !

Un cycliste venu de Hong Kong

Un cycliste venu de Hong Kong

Une équipe de chercheurs américains répertoriant les rats et souris mongoles

Une équipe de chercheurs américains répertoriant les rats et souris mongoles

A l'heure de la sieste

A l’heure de la sieste

Chèvre schizophrène

Chèvre schizophrène

Sur la piste

Sur la piste

Mais où qu’ils sont passés mes chevaux ??

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Yak cornu

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Un ovoo pour la prière au col

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Soleil du matin dans la vallée d’Ouliastaï

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Campement

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Il fait soif par ici

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Into the wild

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Au petit matin

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Petit gué

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Filtrage de l’eau

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La route est pas goudronnée que le pont est déjà cassé…

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Efficacité mongole sur la réparation de la chambre à air

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Chameaux ou dromadaires ?

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Le spectacle du soir

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Piste deux fois trois voies

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Un cavalier venu de nulle-part

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Garage à chevaux

Mongolie : Ils sont arrivés à vélo par la Chine

Ca y est on y est !!!

Derrière la douane, une plaine immense s’offre à nous. A gauche et à droite des montagnes, au milieu la route (goudronnée s’il vous plaît), au-dessus le ciel immense et nous. On y avait goûté côté chinois mais ici c’est encore plus grand, et c’est calme !

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A l’heure où notre estomac crie famine, on passe devant des cabanes, des hommes nous font signe d’approcher. C’est notre premier jour, cette rencontre va donner le ton. On a à faire à huit gaillards, aux lèvres maquillées de rose pour se protéger du soleil disent-ils, en train de picoler de la vodka en attendant le repas. On s’intègre très vite à la fine équipe en commandant une bière de 2,3 L (étrange contenance). Les gars entonnent un chant traditionnel du genre « il est des nôtres » où nous devons chacun notre tour vider le bol de bière puis le retourner sur notre tête pour prouver notre bonne foi… Ça va, c’est plus facile que de pédaler ! A nous de chanter maintenant : au chant mongole répond le chant béarnais, une fillette de 15 ans.

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Le soir, le lieu de bivouac n’est pas difficile à trouver, la Mongolie semble être un immense terrain de camping totalement vide de touriste. Bon, ok, il y a des moustiques, mais le lieu est magique, surtout lorsque les rayons du soleil couchant viennent dorer le vert de l’herbe.

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On élabore une feuille de route, pour relever notre défi « tout vélo » : et ben on va pas faire beaucoup de pauses ! Surtout que les tours de manège gratuits en Mongolie, ça va pas manquer.
Par exemple le deuxième jour, la belle route goudronnée qui nous a accueillie se termine déjà, elle est en travaux pour la suite. Dommage. Mais un peu plus au sud, on voit passer des voitures, et elles ne dégagent pas de nuage de poussière derrière elles ! Serait-ce du goudron ? Attirés par ce confort inespéré, on coupe à travers steppe pour rejoindre l’objet de nos désirs. Errrrreur ! On s’est égaré et on a gagné une grosse dizaine de kilomètres supplémentaires sur piste évidemment.
Et la petite ville d’Altaï qu’on visait n’apparaît qu’au dernier moment.

Pause glace à Altaï

Pause glace à Altaï

Dans le Far West ?

Dans le Far West ?

Les distances sont incroyables ici, on a beaucoup de mal à les évaluer et ce qui nous semble tout plat ne l’est pas toujours. Il nous faut apprendre à pédaler en terre mongole, un peu plus compliqué que ce qu’on a expérimenté jusque-là.

Après Altaï, l’asphalte fait son retour. On savoure car on sait bien que ça va pas durer. On remonte une rivière qui débouche sur une large vallée parsemée de yourtes, des troupeaux de chèvres, brebis, chevaux et on rencontre les premiers yaks. Les mongoles s’occupent de rassembler les bêtes. Ils sont superbes dans leurs longs manteaux en tissu brillant, fermés par une ceinture colorée.
On y est !

Attention, famille nombreuse !

Attention, famille nombreuse !

Ceci est un yak

Ceci est un yak

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A droite, le costume mongole

A droite, le costume mongole

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La route goudronnée nous emmène jusqu’à la province du Gov-Altaï, entre l’Altaï et le désert de Gobi et ce jour-là, elle s’arrête net, au milieu de nulle-part : en piste les mous !
Et la piste c’est toute une histoire. Il y a la belle piste de terre lisse, bien tassée, celle dont on rêve toutes les nuits. Mais dans la vraie vie, il y a la piste caillouteuse qui nous secoue fort le bas des reins, la piste sableuse qui nous plante la roue avant d’un coup et la fameuse « tôle ondulée », pas besoin de faire un dessin. Parfois, il y en a plusieurs en parallèle, alors on fait des essais pour savoir où c’est le mieux en partant du principe de base que l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin. On zigzague en somme, ce qui nous donne bien sûr l’occasion de se perdre mutuellement. Mais les bus et 4×4 transmettent bien les petits mots d’un cycliste à l’autre alors ça va.
Ça se décline en montée, en descente, sur le plat, vent de dos, de face ou de côté, avec mouches ou sans mouche, au soleil jusqu’à maintenant.
Le tout au milieu d’un paysage époustouflant, qui ne change pas pendant trois jours tellement les montagnes sont loin de nous. Parfois, un cavalier déboule de la steppe, on ne sait pas où il va ni d’où il vient. Il conduit un troupeau de chevaux fougueux, s’arrête pour nous saluer, et pas plus car il n’est pas très bavard.
Après trois jours de traversée du désert sans une habitation ni une ligne électrique, on arrive à la grande ville d’Altaï, à 2100m d’altitude. C’est là qu’on bifurque vers le Nord, l’occasion de changer un peu de paysage. Et de nouveau trois jours sans croiser grand monde, on monte et descend au milieu des collines verdoyantes, jusqu’à la ville d’Ouliastaï. 64 000 habitants d’un coup, au milieu de rien.
Pardon, l’expression « au milieu de rien » revient un peu souvent, mais c’est comme ça ici !
On fait le plein d’eau et de vivres et surtout on se paye le resto ! Parce qu’on n’en peut plus de manger du riz et des pâtes et du corned beef (sisi !) et des biscuits !
(Les mamans, le message est passé ? Moi je rêve de confit de canard et Pierre de makrouts …)

On est arrivé ce soir dans la petite ville de Tosontsengel où on a testé pour vous la douche publique (puisqu’il n’y en a pas dans les 2 hôtels de la ville), c’est top ! Et l’article va s’arrêter là parce que l’auteur est trop fatiguée… A bientôt !

La Chine, parlons-en encore un peu

Nous quittons Urumqi après une longue pause en compagnie de Christophe, un cycliste tarbais en mal de compagnie. Il se dirige aussi vers la Mongolie après 16 mois de vadrouille depuis la France.

Après 40 km, un doute m’assaille : « Pierre, tu te souviens d’avoir rangé le guide de la Mongolie ?? » Après fouille intensive des sacoches, point de guide. Il est certainement resté à l’auberge de Christophe où je l’avais apporté, et ce dernier nous le confirme. On s’est pas trimbalé le guide de la Mongolie depuis trois mois pour le laisser à quelques km de notre destination ! On laisse Christophe au campement avec nos sacoches et on décide de tenter l’aller-retour avant que la nuit tombe. A Urumqi, le livre nous a attendus sagement sur une étagère avec ses copains guides, victoire. On est reparti dans l’autre sens et c’est là que ça se gâte : un énorme orage éclate, l’eau commence à monter dans les rues (avec les égouts au passage), on est trempé jusqu’à l’os et il fait déjà bien sombre. Pas le choix, la course s’arrête là et on trouve un hôtel grâce à l’aide des policiers du quartier.

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Sur la route à l’Est d’Urumqi, les centrales nucléaires alternent avec les centrales à charbon. En résumé, c’est plat, gris, moche et ça sent pas bon. Parfois, on traverse une ville en construction qui semble avoir poussé là comme un champignon. Pour qui ??

Derrière le porche se cache une centrale...

Derrière le porche se cache une centrale…

C’est dans ce paysage que Pierre entame une longue série de crevaisons… il faut dire que les pneus commencent à rendre l’âme. Et pourquoi Lucie ne répare jamais demandiez-vous ? J’ai plus de chance sans doute ! Et puis mes réparations sont beaucoup moins photogéniques, le changement des freins n’est pas un sujet passionnant pour un reportage…

Crevaison 1

Crevaison 1

Crevaison 2

Crevaison 2

Enfin, on bifurque vers le Nord, direction la Mongolie : le but approche ! Fini les usines, on entre dans une région très désertique, on n’est pas très loin du désert de Gobi. Il fait chaud, il fait de plus en plus chaud et on multiplie les stratégies pour obtenir l’ombre. Une petite chaîne de montagne nous apporte un peu de fraîcheur mais ça ne dure pas. A la redescente, on retrouve le désert et de nouveaux amis accompagnent nos soirées : les moustiques ! Y a parfois de quoi devenir dingue. Pierre se carapate dans la tente dès qu’il peut, quitte à mourir de chaud tandis que je me couvre de la tête aux pieds, en triple épaisseur pour ne pas se faire piquer à travers les habits. Total des opérations, on a le visage et les mains couverts de boutons !

Il fait chaud !

Il fait chaud !

Il fait tellement chaud !

Il fait tellement chaud !

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Deuxième ptit déj offert !

Deuxième ptit déj offert !

On est encore un peu à l’avance pour des questions de visas alors on quitte la route principale, histoire de s’entraîner un peu à rouler sur les pistes. Après quelques km, une tempête de sable nous arrête. Ça nous fouette la peau, et le vent est tellement fort qu’on ne peut plus avancer. On se réfugie contre le muret d’une petite maison en terre, et 5 minutes après, on est attablé devant le thé, le pain et le beurre. Tout est bien qui finit bien, mais on n’aura pas beaucoup avancé aujourd’hui !

Tempête de sable

Tempête de sable

Le lendemain, on s’aventure pour de vrai sur la piste, qui démarre au milieu des mines de charbon, le paysage est étrange : nous longeons d’énormes conduites et plusieurs rangées de fils électriques, on est toujours en Chine ! En haut d’une montée, nous sommes récompensés de nos efforts par une superbe vue. On devine la rivière au loin et un village où on pourra se ravitailler en eau. Lorsqu’on approche des maisons, un fort vent de face nous empêche d’avancer. On est obligé de s’arrêter et les curieux débarquent un par un. On est au milieu de nulle-part, pas sûr qu’ils aient souvent vu des touristes par ici. On est observé, la discussion tourne court par manque de vocabulaire, il faut faire quelque-chose pour détendre l’atmosphère : mesdames et messieurs, concert ! Ça marche à tous les coups, les gens commencent à taper dans leurs mains et les sourires illuminent les visages. Pendant ce temps, le vent est retombé, on peut reprendre la route.

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Charmant paysage

Ca pourrait ressembler à ça la Mongolie !

Ca pourrait ressembler à ça la Mongolie !

Autour de la carte

Autour de la carte

Mongolie J-1 : On mange au resto pour fêter ça, on fait le plein de fruits et légumes parce qu’après c’est terminé et on campe à quelques kilomètres du poste frontière parce que demain on veut pas être en retard. Pour cette dernière soirée, les moustiques se sont invités à la fête. Pas un ou deux, ni dix, ni vingt, des centaines rôdent autour de notre tente dans un bourdonnement assourdissant, ça s’annonce bien la Mongolie !

Christophe nous laisse là pour tracer sa route à la vitesse grand V. Les rencontres cyclistes apportent toujours quelque-chose. Cette fois, on a appris à faire des bracelets en macramé, on fait désormais tremper nos raisins secs pendant la nuit pour qu’ils soient tout gonflés le lendemain, et on fait cuire une douzaine d’œufs durs à la fois pour pouvoir en manger à tous les repas !

Atelier bracelet

Atelier bracelet

Welcome to China !

Aujourd’hui, c’est deux articles pour le prix d’un et peut-être le JT 300 tant attendu !

Khorgos, la ville frontière ne ressemble en rien à son homologue kazakh. C’est une grande ville, avec de grands immeubles, des écrans animés géants, de larges routes et des véhicules électriques à deux ou trois roues dans tous les sens, c’est disneyland. On vient d’être projeté 50 ans en avant !

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Champs de lavande, moulins et publicité pour la Provence chinoise

Champs de lavande, moulins et publicité pour la Provence chinoise

On prend juste le temps d’échanger un peu d’argent et on écourte la séance photo pour tenter de sortir de la ville avant la nuit. La seule possibilité semble être une énorme autoroute mais heureusement, elle est longée par une route plus petite, une sorte de piste cyclable en fait. Ça devrait pas être facile de planter la tente par ici : tout est construit, cultivé, clôturé, habité… On bifurque sur un petit chemin de terre mais c’est raté, il conduit à une maison. Peut être au milieu des arbres un peu plus loin ? L’endroit n’est pas très accueillant, c’est marécageux, ça sent pas la rose et les premiers moustiques nous attaquent… mais nous n’avons pas vraiment le choix. Un vieux monsieur s’est assis sur un banc devant la maison, on lui demande si on peut s’installer dans le coin. Il n’essaie même pas de nous parler dans sa langue et on comprend à ses gestes qu’il nous invite chez lui. On rejoint sa famille, ses enfants et petits-enfants sans doute : ils ressemblent beaucoup plus à des kazakhs qu’à des chinois, que ce soit physiquement ou dans leur langage. Je me risque à prononcer un mot de kazakh et ça marche ! En fait ils sont Ouighours, une des ethnies les plus importantes de la région. On nous sert une énorme assiette de plov, le plat traditionnel de toute l’Asie centrale et on passe une excellente soirée à regarder le globe et à faire des maths, sisi!!! Ce n’est pas tout à fait ce qu’on imaginait de la Chine, mais cette première soirée est de très bon augure !

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Autour du globe

Autour du globe

La route jusqu’à Yining est assez ennuyeuse : elle est bordée de deux rangées de peupliers et de l’autre côté des cultures a n’en plus finir, pas un mètre carre de terre n’est laisse à l’abandon. Les champs de maïs, de pommes de terre, de blé, d’avoine sont traversés par une multitude de canaux d’irrigation et tout est au cordeau. Tout était tellement sec et désertique côté kazakh, le changement est radical et n’a rien de très naturel… Pendant notre pause de midi en contre bas de la route, un cycliste passe ! Incroyable, en voilà un deuxième ! Dans un élan d’enthousiasme, Pierre court les interpeller et le deuxième finit par faire  demi-tour mais il est pressé et ne parle pas un mot d’anglais…, la joie habituelle de rencontrer des homologues cyclistes retombe, nous sommes déçus ! En fait on se rendra vite compte que les cyclistes chinois en chine sont nombreux, la plupart ne parle pas anglais et ils sont souvent pressés. Notre difficulté à communiquer laisse place à des séquences photo interminables, toutes les combinaisons doivent être dans la boîte : toi avec moi, lui avec moi, vous deux avec moi…

Première rencontre cycliste

Première rencontre cycliste

A Yining, nous prenons un hôtel, la douche devient urgente et nous consacrons une bonne partie de l’après-midi à la visite d’un supermarché. Nous sommes bien incapables d’identifier une bonne partie des marchandises. Les rayons pâtes chinoises et sauce soja sont démesurés, il y a un tas de produits sur-emballés dans des paquets multicolores. Le rayon fromage est désappointant, il va falloir faire une croix dessus. On prend quand même la seule chose qui pourrait y ressembler, une sorte de vache qui rit, en faisant bien attention de ne ne pas choisir celui à la fraise… Au rayon charcuterie Pierre choisit une saucisse emballée dans du plastique noir, c’est pour l’expérience. Résultat des courses, le fromage est aromatisé à la vanille et le boudin noir est en fait un œuf en forme de saucisse. Un oeuf de quoi ? Allez savoir…

A l'hôtel, petit déjeuner déconcertant.... On veut du sucre !!!

A l’hôtel, petit déjeuner déconcertant…. On veut du sucre !!!

Rayon surimi

Rayon surimi

Rayon oeufs frais

Rayon oeufs frais

La fameuse vache-qui-rit...

La fameuse vache-qui-rit…

Et enfin l'oeuf-saucisse

Et enfin l’oeuf-saucisse

Après Yinning, on décide de quitter cette route plate et ennuyeuse et on s’enfonce dans les montagnes en direction d’Urumqi. Le vert des collines environnantes est un peu plus naturel que toute cette agriculture intensive qui envahit la plaine, on respire un peu. La route nous conduit dans une jolie vallée, les yourtes fleurissent un peu partout. C’est la période de la transhumance, les cavaliers conduisent les troupeaux vers les pâturages d’été et souvent un camion les suit avec tout le matériel pour construire la yourte. Un matin, des hommes nous interpellent avec de grands gestes. Je rêve de visiter l’une de leurs yourtes donc on n’hésite pas longtemps. L’intérieur est magnifique, tout décoré de tissus fleuris dans les tons rouges, on s’assoit autour d’une table basse pour prendre le thé ou manger et le soir venu, on étale les matelas et couvertures empilés dans un coin pour y dormir.

On se retrouve donc attablés avec le fameux thé au lait salé (c’est pas si mauvais), du pain, du beurre et des merveilles, aussi bonnes que celle du marché de Nay !! Les hommes présents sont venus voir l’installation dErjian, ils lui ont confié leurs troupeaux pour l’été. Erjian et a famille sont installés ici pour 3 mois et on comprendra plus tard que leur activité principale est de faire chambre d’hôtes dans leurs yourtes. Mais pour nous, c’est cadeau, nous sommes invites à manger avec eux et à rester dormir. Erjian est un peu mégalo et fait du cinéma à longueur de temps, ce qui donne lieu à de bons fous rires. Par exemple quand il me passe une bague au doigt en chantant l’hymne des mariages ! Ca y est, nous faisons partir du clan. Il a aussi une superbe voix et nous sommes tout émus de l’entendre chanter le temps du muguet (version originale russe bien sûr) en s’accompagnant avec son instrument traditionnel.

Apres une bonne balade, on redescend au campement. Kupkan est en train de faire des pains par dizaines. Je tente de l’aider mais mes mains maladroites ne font pas vraiment avancer le travail. Ensuite on assiste l’oncle dans la préparation du mouton. En quelques minutes, le bête est achevée, dépecée et découpée en petits morceaux, on sent qu’il a de l’expérience! Pierre réussit à couper un peu de bois et pour finir, on nous confie l’atelier brochettes. Pas facile de se rendre utile ! A la fin de l’après-midi, les deux enfants de la famille arrivent de la ville, ce sont les vacances ce soir, ils vont s’installer avec leur parents pour tout l’été. Aidjan, leur fille de 15 ans, se débrouille bien en anglais, ça fait du bien d’avoir une interprète. L’heure est venue de manger et on déguste les délicieuses brochettes sans savoir que ce n’est que l’apéritif… Apres ça vient une assiette de foie de mouton (hmmmmm!!) et comme on est les invités on en a une juste pour nous, puis le bouillon de mouton, puis les nouilles et la viande de mouton. On est attables avec les hommes, et on nous invite à manger manger manger… notre estomac va exploser ! Vivement la nuit dans la yourte!

Chèvres aux cornes multicolores

Chèvres aux cornes multicolores

Transhumance...

Transhumance…

à dos de chameau pourquoi pas

à dos de chameau pourquoi pas

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On est pas bien là ?

On est pas bien là ?

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Thé au lait salé

Thé au lait salé

Thank you Erjian !

Thank you Erjian !

Barbecue

Barbecue

Pour les gourmands le foie de mouton

Pour les gourmands le foie de mouton

n grand merci à toute la famille !

n grand merci à toute la famille !

Apres cette bonne pause, on reprend la route en direction du col. On attaque la montée par une belle journée, ça se fait bien et le sommet arrive plus vite que prévu puisqu’un tunnel a été creuse pour atteindre l’autre versant. C’est le début d’une descente interminable, avec un vent de face qui se lève dans l’après-midi. On peine à avancer dans cette vallée austère, on zigzague entre les pierres tombées sur la route et il nous faudra une deuxième journée de descente pour arriver dans la plaine.

Dans la montée

Dans la montée

Le col

Le col

Un seul panneau tous les 10 km c'est un peu léger vu l'état de la route...

Un seul panneau tous les 10 km c’est un peu léger vu l’état de la route…

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Le paysage change radicalement, tout est plat à l’horizon, avec au milieu les énormes tours de la petite ville où nous arrivons. Nous nous arrêtons faire quelques courses et Handy nous interpelle en anglais : il est lituanien, vit ici depuis trois mois et nous propose de venir se doucher chez lui entre deux heures de cours. Nous acceptons avec grand plaisir, ainsi que l’invitation à dormir pour le soir ! Nous rencontrons aussi sa copine Azia et passons une bonne soirée à échanger sur notre ressenti sur la Chine, ce pays aux multiples facettes. Merci pour l’accueil !!

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On a du mal à décoller le lendemain, peu motivés par la chaleur et la route ennuyeuse qui nous attend. Route qui s’avère vraiment désagréable en fait : c’est désertique et les zones humanisées qu’on traverse sont hyper industrialisées ou les champs sur-exploités, les rivières sont à sec, ça pue partout… on était bien dans les montagnes !

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On arrive enfin à Urumqi, ville de 4 millions d’habitants, la capitale de la région du Xinjiang et on s’installe pour quelques jours parce que nous sommes en avance sur le planning ! C’est l’occasion de se reposer, d’être propre plusieurs jours d’affilée et de sentir bon, de se laisser tenter par tous les petits restos qui envahissent la ville, d’observer les chinois danser ou faire leur gymnastique dans les parcs et de rencontrer d’autres cyclos. C’est pas mal la vie citadine aussi !

Le cirque de Pekin ??

Le cirque d’Urumqi ??

Plus que quelques kilomètres avant la Mongolie, on touche au but !!